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Miel sucré.

Summary:

Les klaxons ont toujours eu un son particulier pour Bucky...

Notes:

Merci d'être ici !
J'avais envie de quelque chose de doux et de vulnérable...
J'ai tellement de nouvelles à corriger avant de les poster, c'est indécent ! J'essaye de m'y mettre plus rapidement !

J'avoue avoir été aidé par une aide pour corriger mes fautes d'orthographes et de syntaxe, j'espère que ce sera plus agréable à lire mais ne déformera pas ma patte !
Bonne lecture !

(See the end of the work for more notes.)

Work Text:

Les longues griffes des chiens dérapaient rapidement sur le goudron humide. Il pouvait entendre les crissements, les coussinets claquer brutalement sur le sol et les flaques d'eau, au fur et à mesure qu’il s'engouffrait dans les ruelles sombres d'une vieille ville Biélorusse. 

Leurs jacquements et leurs aboiements incessants résonnaient contre les pavés glissants, formant un écho assourdissant mêlé à leurs respirations erratiques, leurs gueules grandes ouvertes, sans compter cette pluie battante qui ne voulait pas s'arrêter. 

Sa mémoire musculaire et son instinct le faisait courir toujours plus vite, poussant ses capacités au maximum et tirant sur ses muscles endoloris. Il devait prendre de la vitesse, toujours plus de vitesse et pour un super soldat, courir plus vite signifiait qu'à chaque intersection, il avait du mal à s'orienter et à pivoter à cause de la force de son propre corps. Il s'encastrait parfois dans les coins de rues, détruisant les angles ou projetant les objets à droite et à gauche, parfois même à travers des fenêtres. 

Le vacarme devait réveiller la population entre ses pas lourds, les chiens et le groupe d'hommes à ses trousses, la nuit calme était devenue un chaos assourdissant. 

 

Il devait fuir. Il devait fuir ces hommes. Il ne savait plus réellement pourquoi, mais son cerveau lui envoyait tous les signaux de danger et d'anxiété nécessaires pour qu'il puisse quitter la ville le plus rapidement possible. 

Derrière les chiens se trouvait une unité entraînée. Des soldats. Comme lui. 

Non… Il n'était pas un soldat, c'était une arme, un monstre, quelque chose de dangereux qui tentait actuellement de s'échapper. 

Mais pourquoi ? Rien n’avait de sens, son esprit vaseux n'arrivait pas à mettre de l'ordre, ni à définir les choses nettement. Rien n’avait de sens, et pourtant ses tripes continuaient à lui donner la force de fuir cette horde de malinois. 

 

Sa course ralentit lorsqu'il aperçut un barbelé au bout de son chemin. Il étudia rapidement les alentours, cartographiant mentalement son environnement avant de prendre appui et de s'élancer. Ses pieds le propulsèrent du sol avec force, bondissant largement au-dessus la grille. Il retomba lourdement, roulant sur le côté pour amortir sa chute, avant de reprendre sa course frénétique, les chiens se jetant brutalement sur le grillage. 

Il avait peur, il le sentait dans son corps, dans son rythme cardiaque punitif, dans ses inspirations superficielles et tremblantes. C'était étrange pour une chose telle que lui, mais il savait qu'il ne devait pas être rattrapé. 

Il devait rentrer, il devait voir Steve. 

 

Il trébucha soudainement dans sa course, s'écrasant brutalement sur le sol, dans les flaques d'eau et de boue. 

Qui était Steve ? 

Les aboiements revinrent, annonçant leur rapprochement trop rapide. Il se redressa à la hâte, son bras métallique douloureux glissant sur le sol par la pluie. Ses pieds avaient du mal à trouver une accroche stable sur ce goudron trempé pour reprendre sa course. 

Comment avaient-ils réussi à passer le barbelé ? 

Les faisceaux lumineux des lampes torches se posèrent sur lui. Puis ils hurlaient à leurs chiens d'attaquer dans un russe graveleux. Ils étaient déjà si proches. Comment avait il fait ? Ou alors était il faible ? Sa vue tourna légèrement, alors que sa température corporelle atteignait son paroxysme. Il n'arrivait pas à s'analyser, submergé par la peur et le chaos total de la situation. Il ne lui restait plus que son instinct de fuite. 

À grande enjambé, il pivota dans une rue plus passante, puis s’élança brusquement sur la route en mouvement, sans y faire réellement attention. 

Les phares du camion, lancé sur sa voie, l'aveugla un instant, alors que le klaxon retentit, strident, brisant le tumulte de la circulation.

Les freins crissèrent sur le bitume luisant mais que le véhicule dérapa, incontrôlable.

Il releva le visage, trop tard.

Le choc violent heurta son corps dans un bruit assourdissant, le propulsant 

sur plusieurs mètres.

 


 

 

Il se redressa brutalement, la respiration sifflante sous un plaid trop petit et délavé. Sa main de vibranium se posa sur son torse, cherchant la moindre égratignures tandis que ses inspirations restaient profondes et erratiques. 

Au loin, il percevait les klaxons de quelques voitures de l'autre côté de la rue, en bas de cette immense tour qu'était leur immeuble. La fenêtre était entrouverte laissant passer une douce brise et les bruits de la ville montaient doucement jusqu'à leurs étages. 

 

Soudain un mouvement sur sa droite le fit pivoter vivement. Zemo s'abaissa lentement près de la table basse et y déposa délicatement un plateau avec deux tasses de thé. 

 

“Du thé, James ? Avec une touche de miel, il n’y a rien de mieux pour s'apaiser.”

 

Tout en se raclant la gorge, un peu gêné, le super soldat se redressa prudemment dans le canapé. 

Il devait être aux alentours de dix sept heures, à en juger par la luminosité extérieure. Bob dormait encore profondément sur la méridienne, vaillamment enroulé dans un plaid duveteux. Il en avait bien besoin ce petit gamin…

 

Ses prunelles claires se posèrent de nouveau sur le corps de Zemo, sur ses mouvements de poignet habile et de ses doigts fins. Il versa l'eau chaude dans les tasses avec des gestes contrôlés et doux, avant d'y plonger de généreuses cuillères de miel. 

Le liquide doré s’écoula de l'ustensile avant de disparaître dans l'eau fumante. L'odeur titilla les sens sensibles de Bucky, éveillant une saveur sucrée imaginaire sur sa langue. C'était fou à quel point Zemo pouvait être apaisant, par moments, à défaut d'être mesquin et manipulateur. 

Il reposa le pot de miel avant de prendre une tasse par la hanse et de la tendre au super soldat. 

 

“Tiens, c'est de la camomille.”

 

Barnes lui lança un regard encore un peu vaseux, avant de prendre la tasse délicatement entre ses doigts de vibranium, insensible à la chaleur. Il fut surpris de sentir sa respiration s’égaliser, puis se pencha sur le breuvage pour le humer. C'était doux, chaud, légèrement fruité, avec des notes sucrées. 

ça avait l'air bon… 

Zemo poussa doucement le plaid pour venir s'asseoir à côté de lui. Il n'y avait bien que le baron Zemo pour oser s’approcher d’un super soldat encore tremblant d'un cauchemar, lui dont la réputation reposait sur sa violence et ses traumatismes. 

Ils s'observèrent un instant avant que le baron ne lui adresse son éternel sourire de chaton, puis souffle sur sa tasse avant d’en boire une gorgée. 

James se repositionna dans le canapé et imita les gestes du sokovien. Il ferma les yeux en sentant le liquide chaud s'enrouler autour de sa langue. Comme attendu, le miel était doux et sucré, et les arômes de camomille rendaient le tout mielleux, apaisant presque tendre. 

 

“Tu mens encore à ta thérapeute, n'est ce pas ?” demanda Zemo, calme.

 

Bucky rouvrit les yeux et jeta un regard en coin à cet homme prétentieux et irritant. 

Il avait dû reprendre ses consultations auprès du Dr Raynor. 

Depuis que le comportement de Walker avait été remis en question, sa décision de stopper la thérapie avait été révoquée.

Et puis, ses propres gestes, à lui, semblaient suspects aux yeux du gouvernement. Pourquoi un homme du Congrès avait-il tenté de traquer Valentina, alors qu’en réalité il faisait secrètement partie de son réseau ? Il la détestait. Il détestait le guet-apens qu’elle avait tendu, à lui et à tous les autres, les piégeant irrévocablement à ses côtés.
Ouais… sa vie partait sérieusement en couille.

 

“De quoi tu parles. “ lâcha-t-il d'une voix rauque. 

“Des cauchemars, James…”

 

Il ne répondit pas. Ses yeux restèrent fixés sur l'écran noir, éteint, de la télévision pendant de longues minutes. 

Ils buvaient leur infusion en silence, seulement bercés par les ronflements occasionnels de Bob. 

 

“J'arrivais parfois à m'échapper.”

 

Zemo s'immobilisa. Peu habitué aux confidences de Barnes, il reposa délicatement sa tasse sur ses genoux et se tourna entièrement vers lui, prêt à entendre tout ce qu’il avait à dire.

 

“Mais ils avaient toujours des moyens pour me récupérer. Ils arrivaient toujours à me récupérer.”

“Ils ne viendront plus, James.”

“Comment en être sûr ?” chuchota-t-il.

“Parce que tu es libre. Libre des mots, libre de tout ça… Tu es à l'affiche d'un groupe de super-héros qui protègent une partie des États Unis. Et puis il y a des gens qui tiennent à toi.”

 

Bucky eut un rire nerveux et laissa retomber sa tête en arrière sur le dossier du canapé. 

 

“Je suis sérieux, James.”

“Peu de gens tiennent à moi. Je suis une menace. Je n’apporte rien au groupe à part des problèmes et des angoisses. Sam ne me parle plus. Je ne sais même pas, moi même, ce que je cherche ou ce que je peux faire réellement de ma vie…”

“Tu n'es pas un fardeau, James. Pourquoi te dénigres- tu autant ?”

 

Face au silence du super soldat, Zemo poursuivit lentement.

 

“Tu es un homme fort. Certes, par le sérum, mais également par ton mental et ta rage de vivre. Tu as traversé ce que personne ne pourrait traverser. Puis, regarde toi. Tu es là, debout, en train d’essayer de redécouvrir le monde, de t'acclimater malgré tes traumatismes et tes peurs. Tu as toujours voulu aller de l'avant, vivre. Tu es bienveillant et toujours prêt à aider. Même protecteur envers ceux qui le méritent...”

 

Pour appuyer ses paroles, le baron se pencha légèrement sur le côté, laissant à Bucky la vue de Bob profondément endormi. Ce pauvre gamin n'avait jamais eu de chance, ni d'amour dans sa vie. Il n'avait pas voulu devenir…  ça. 

 

Bucky reporta son attention sur le baron, au moment même où celui-ci posa timidement une main sur la sienne, celle de chair.

Le contact était léger, chaud, presque aussi réconfortant que le thé encore tiède.

Et pourtant, tellement surprenant venant de lui.

Le contact physique restait une chose étrange à gérer pour Bucky. Un terrain instable, miné de souvenirs.

Zemo affichait un sourire doux sur son visage clair, et Barnes se surprenait, de plus en plus souvent, à se perdre dans ses iris couleur ambre et caramel.
Il était souvent manipulateur, souvent irritant…

Mais c’était aussi le premier à prendre sa défense. Toujours.

 

Peut être était-ce un manque de contact.

Ou simplement un trop plein d'émotions, à force de tout contenir.

Sans un mot, Bucky ferma les yeux, quitta le canapé d’un mouvement lent, et se laissa aller en avant; posant sa tête sur l’épaule du Sokovien.
Elles avaient l'air stable. Contrairement aux siennes.

Robustes. Accueillante. 

 

“Je suis fatigué.” murmura t-il.


Même sous la surprise, même si son corps se tendit un instant, les doigts de Zemo s’enfoncèrent doucement dans la chevelure rêche et longue de Barnes.

Ses gestes n’avaient rien de brusque, juste des caresses calmes, sur son crâne, puis sa nuque.

Un ancrage.

 

“Je sais James…”

 

Zemo, sans un mot de plus, bougea avec lenteur. 

Il posa sa tasse sur la table basse, puis prit celle de Bucky et la déposa à son tour. Le super soldat sentit les bras sur baron l’enlacer fermement, sans hésitation, l’attirant contre lui et l’installa plus confortablement contre le dossier du canapé.

 

Il sentit l’effleurement doux du plaid dans sa nuque. La chaleur stable du corps sous le sien. Et cette odeur marquée, forte, presque entêtante, cette eau de cologne distincte qu’il reconnaissait entre mille.

 

Il soupira. Son corps se relâchant, millimètre par millimètre. Ses épaules tombèrent, ses respirations devinrent plus profondes puis, enfin, sa mâchoire se décrispa.

C’était étrange, cette chose qu’il y avait entre eux.

Un mélange d’hostilité, de tolérance, et parfois, comme aujourd'hui, autre chose…

 

John se foutait généralement de sa gueule lorsqu’il remarquait parfois son lâcher prise autour de Zemo.

Mais ce n’étaient que des mots qui glissaient sur lui désormais.

 

Avant qu'il ne puisse réellement réfléchir à tout ça, le super soldat sombra dans un sommeil profond, emmitouflé dans des bras solides, dans ce contact stable, dans cette présence qui, au moins ce soir-là, lui voulait du bien… 

Notes:

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