Work Text:
Poing, paume et doigt, fer, feu et poison,
Sel, sable et vent, désunis du soi par cloison.
Dans la brume d’automne, une jeune femme trouve refuge,
Entre le jais et le bleu se retrouve-t-elle en purge.
Révérence d’un marcescent feuillage,
Brun et sanglant, pâle mais au murmure sage.
Dans les bois obscurs livrant au hasard,
Etranglée par la douce main de l’épais brouillard.
Havre susurrant consolations à ses éludes,
Eludes et fugues qui ne furent qu’un prélude.
Froid et solitude, mamelles de la pensée,
Inhibé ou obnubilé, l’esprit demeure carencé.
Stagnant et lagunaire, devient-il moins limpide,
Candeur et malvoyance, mariage morbide.
Orchestrant les raisons toutes dans la même direction,
Conscience d’une seule, mère de la subversion.
Ombre et transparence espoir d’une enfant,
Qui sans se traduire ne peut vivre qu’en rampant.
Euphémisme de la vie, hyperbole de la réalité,
Loyauté niaise, innocence et naïveté.
La vie, amont d’une mort sans aval,
Inéluctable destin et miséricorde fatale.
Profonde affliction, et dilemme non serein,
Cœur bérénicien mais devoir césarien.
Fugue désespérée, mais engagement importun,
Boiteuse, échappant à son fouet hautain.
En quête de paix et d’un asile,
Utopique songe et rêve juvénile.
Dont le monde rira et applaudira,
Rira lorsque le croquemort l’emportera.
L’emportera en la traînant des pieds,
Et veillant à montrer ses plaies.
Gémissante, grattant un sol infertile,
Ongles bleus, combat vain et stérile.
Contre avares et Hommes sans foi,
Dans ce monde d’aveugle, ou les borgnes sont rois.
Maudite et congédiée d’une vilaine nature,
Où joie et bonheur ne furent qu’une appogiature.
Nature qui malgrés-t-elle bienveillante,
D’une chantante brise caresse-t-elle une âme vaillante.
Âme qui se meurt dans une autre en train de naitre,
Âme qui sera toujours à leurs yeux celle d’un traitre.
Crève-cœur intarissable aux quatre saisons,
Poing, paume et doigt, fer, feu et poison.
